Et si vous travaillez comme vous cuisinez...

April 27, 2017

J'ai une drôle de question pour vous, aujourd'hui : «Vous comportez-vous, en général, au travail comme dans votre vie privée?» Exemple : vous arrive-t-il de vous montrer autoritaire envers vos employés comme il vous arrive de vous montrer autoritaire envers vos enfants? Ou bien, cet autre exemple : feignez-vous d'être quelqu'un de cool avec vos collègues alors qu'en vérité vous mourrez d'envie de les brasser un peu, comme vous brassez vos proches quand ils ne se montrent pas à la hauteur de vos attentes? Réfléchissez-y bien, je suis sûr que cela va être une révélation pour vous : vous y verrez dès lors plus clair concernant le degré d'authenticité dont vous faites réellement preuve dans votre quotidien au travail...


Maintenant, je vous invite à affiner votre réflexion et vous appuyant sur un extrait d'un livre fabuleux, qui m'a été envoyé par son auteure, Emmanuelle Turquet, une experte du développement personnel qui anime les ateliers «Papilles Créatives» : Dis-moi comment tu cuisines et je te dirai qui tu es! (Éditions Jouvence, 2016). L'idée est simple : l'acte de cuisiner est révélateur de la personnalité d'un individu, si bien qu'on peut en apprendre beaucoup sur soi au travail en analysant la façon dont on se comporte dans sa cuisine. Regardons ça ensemble, grâce à cet extrait tiré du chapitre «Vous êtes plutôt Top Chef ou Stop Chef?»...


«Émissions culinaires, téléréalités, starification des chefs... Force est de constater que la cuisine est aujourd'hui théâtralisée, pétrie de règles, d'enjeux, et souvent... anxiogène. Course à la performance et aux résultats, elle devient une source de stress, de compétition et de pression pour ceux qui la pratiquement comme pour ceux qui n'osent pas s'y adonner. Nous avons en effet trop souvent tendance à considérer la cuisine comme une perspective Top Chef, qui fait l'éloge du faire, comme un lieu où pression, performance et compétition règnent en maîtres.


«Si vous êtes Top Chef, ne culpabilisez pas... Tout est fait pour nous entraîner dans cette direction, comme dans la plupart des entreprises en somme, et avec les effets délétères qu'on connaît :


> Fragilisation. Une fragilisation de la personne sur le plan individuel et un réveil des peurs archaïques, comme la peur de mal faire ou de rater. Certains ne s'autorisent pas la liberté d'échouer en cuisinant, convaincus qu'ils n'ont pas le droit à l'erreur. La cuisine se charge ainsi d'enjeux (il faut que ce soit bon, mais aussi original, bien présenté, sain, local,...).


> Rivalités. Un développement des rivalités plutôt que la coopération : lieu d'expression de soi porté à son paroxysme où il ne s'agit pas tant de s'exprimer que d'exister, la cuisine peut devenir un espace où l'enjeu est de se montrer, de se mettre en scène et d'épater les autres.


«Et pourtant, cuisiner peut devenir libérateur si cette activité est vécue comme une occasion de ne plus être en mode urgence, de renoncer aux objectifs de performance et à la pression des résultats.


«C'est d'ailleurs ce à quoi invite le mouvement No Recipe (Sans Recette, en français) qui se développe aux États-Unis depuis quelques années. Se détacher des recettes permet, selon Marc Matsumoto, le chef à l'initiative de ce mouvement, «de se sentir plus libres, oui, plus libres de rater comme de réussir». Se libérer du perfectionnisme, faire avec ce qui est là sans être focalisé sur le résultat qu'on veut atteindre, voilà la clé de cette cuisine originale.


«C'est, quant à moi, ce que j'appelle l'état d'esprit Stop Chef, qui considère la cuisine comme un lieu où l'on peut juste être soi, sans esbrouffe, ni surenchère, un lieu où l'on peut s'autoriser à se lâcher lousse et dédramatiser les ratés, un lieu où l'on peut expérimenter. Car le simple fait d'enlever la pression du résultat final est salvateur pour les adultes pétris de responsabilités et d'obligations que nous sommes.


«Les facteurs clés de succès pour arriver à l'état d'esprit Stop Chef sont à la fois simples et éminemment complexes :


1. Apprendre à ralentir


«Transformer un aliment nécessite plusieurs étapes et s'inscrit dans un séquencement qui exhorte à faire preuve de patience, à respecter un certain rythme. La sélection puis la préparation des aliments, l'assemblage, la cuisson, le dressage des plats sont des activités cycliques, avec un début, un milieu et une fin ainsi qu'une durée (aussi courte et répétitive soit-elle). Tout cela nécessite de savoir se poser, pour ne pas dire s'apaiser.


«C'est que cuisiner consiste, au fond, à alterner des phases de travail nécessitant plus ou moins de concentration et d'attention, et des phases d'attente (pendant la cuisson notamment), propices à la détente et au relâchement. Il est d'ailleurs intéressant de noter à quel point ces phases «à ne rien faire» sont plus ou moins bien vécues par le cuisinier : certains ne peuvent s'empêcher de s'activer, d'enchaîner les activités ou de prendre de l'avance.


«Pratiquée sans objectif de résultat, la cuisine invite à ralentir, à accepter des phases de non-agir comme parties intégrantes du processus. À l'image d'un sportif qui alterne périodes d'entraînement et périodes de repos pour reconstituer son énergie.


«Bref, l'alternance travail/pause en cuisine agit comme une activité rituelle apaisante, et représente, donc, une source de bien-être et de ressourcement.


2. Faire taire son critique intérieur


«La démarche "Pourquoi pas?" permet de ne se fixer aucune limite a priori et d'enfin oser expérimenter. Exactement comme lorsque nous étions des bambins qui construisaient des cabanes dans le jardin, spontanément, avec les moyens du bord, en restant centrés sur le plaisir de faire. (...)

 

 

Consultez l'article complet sur Les affaires ICI 

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