3 ans après un gros fail de startup, qu'est-ce qu'il en reste?

April 1, 2017

 

Il paraît que les « Near Death Experiences » (en français les expériences de mort imminente) marquent quelqu’un à tout jamais, dans sa perception de la vie, de sa place dans le monde, de la priorité de ses actions et des choses qu’il cherche à accomplir… Je pense qu’il en est de même pour les histoires de startups – toute proportions gardées évidemment – et qu’après un bon gros fail on n’est jamais vraiment tout à fait le même (ou alors c’est qu’on est particulièrement con et qu’on n’apprend rien – ça existe aussi). Et c’est probablement un bon mécanisme d’auto-défense du corps et de l’esprit, pour éviter qu’une personne se détruise tout à fait en reproduisant les mêmes erreurs continuellement. Le feu, ça brûle, et on ne remet pas deux fois la main sur la plaque chauffante…

 

Bref, tout ça pour dire que ça fait maintenant 3 ans que j’ai suicidé / mis fin au projet qui était le mien lorsque, blogueur assez visible et fringuant patron de l’Incubateur HEC que j’avais lancé fin 2008, j’avais lancé WeLoveSaaS. Vous pouvez retrouver toute l’histoire ici dans le post-mortem startup que j’avais écrit, après 6 mois de digestion. C’est aussi assez marrant de voir comment cela résonne avec le Post-Mortem précédent que j’avais rédigé, 3 ans auparavant (encore !), en quittant l’incubateur HEC.

 

Bon si je continue vous allez vous croire dans un mauvais épisode d’Inception, alors j’arrête là la nostalgie (et le NetLinking).

 

Depuis, des milliers de choses se sont passées, en perso comme en pro, notamment avec la création puis la croissance de l’Agence de Content Marketing et de Marketing Automation Invox que j’ai lancée (nous serons 16 en mars, avec plein de bons enjeux de croissance et de structuration), mais aussi le lancement de LaCuisineDuWeb, de BlendWebMix (3 éditions maintenant, belle aventure collective pour monter cet événement un peu bizarre qui accueille 1800 personnes) et maintenant de LaTourDuWeb, lieu de l’écosystème web lyonnais qui mixera événements, meetups, coworking, locations précaires (et modulables) aux startups « en croissance » (sur la tranche de 5 à 25-30 personnes environ). Bref, je ne me suis pas ennuyé :)

 

Ce qui est intéressant, c’est de voir ce que mon gros fail m’a appris ou apporté et ce qui a changé chez moi depuis. J’ai listé principalement 3 points :

 

  • La façon de s’associer

Si vous avez suivi mes aventures précédentes, vous aurez compris que jusque là je n’ai pas été un pro de l’association : 2 fois à 50-50, deux fois un massacre à la sortie avec pas mal de casse perso comme pro. Bref, il fallait sans doute faire les choses différemment. Je suis donc parti avec Invox dans quelque chose que je savais faire « complètement ». Tout seul. Pas avec la volonté d’être en mode freelance, hein, c’est très différent, mais en lançant quelque chose que je savais démarrer tout seul. Puis, ensuite, en commençant à organiser le business, à voir ce qui se vend, comment je sens le marché, en faisant venir d’autres personnes autour du projet. Dont une personne, Sébastien, qui est ensuite monté au capital, progressivement avec un système de BSPCE (en gros, un vesting progressif, auquel je suis aussi soumis en partie d’ailleurs). Et pas avec objectif d’être à 50-50, parce que j’ai bien compris que dans mon cas, cela ne fonctionne pas (et je ne dis pas que c’est LA recette pour tous, j’ai vu tous les cas de figure fonctionner, et aussi tous les cas de figure planter).
Au quotidien, cela change aussi dans l’association : plus de dialogue, plus de moments où l’on se parle (surtout lorsqu’on n’est pas d’accord), une attention particulière à bien aligner les objectifs de la boite à long, moyen, court terme…

  • Le type de croissance recherché

Forcément quand on est shooté à la startup comme j’ai pu l’être, on recherche d’énormes marché sur lesquels on peut rentrer via un twist spécifique (nouvelle techno, nouvelle approche business, sélection d’une niche mal servie, meilleur service / service client, nouveau type d’acquisition client ou de distrib…). Mais on vise gros assez rapidement, et très scalable. Cela fait parfois oublier qu’il est possible de construire, toujours en restant innovant et proche de la « tech », d’autres types de sociétés. Moins scalables, moins brutales en croissance… mais pour autant des boites dans lesquelles on apprend, on s’amuse, on construit. Avec Invox, on est passé de 3 en fin de première année à 7 l’année suivante, puis 12 aujourd’hui. On devrait être 18 ou 20 en fin d’année. Ok, ce n’est pas du 0-60 en moins de 2 ans, mais ça reste au quotidien passionnant dans les enjeux de recrutement, de structuration des postes et des process, des nouveaux business à aller développer, de la formation des équipes… et surtout c’est une boite avec des free cash flows qui donnent énormément de liberté dans les choix stratégiques (même si du coup aussi des contraintes puisqu’on est un peu « client first »). Et que l’on pourra difficilement doubler tous les ans sans recourir à un moment à de la croissance externe. Mais on n’y est pas encore !

  • La patience

Et c’est bien le troisième point : on n’y est pas encore mais ce n’est pas grave ! Avec le type de boite que je monte aujourd’hui, on n’a pas beaucoup plus de visibilité qu’une startup sur « ce que sera vraiment son marché demain ». On est juste plus serein sur le fait qu’on sera encore là puisque chaque mois on gagne un peu d’argent. Sur 34 mois d’activité dans Invox, on a dû avoir 31 ou 32 mois « profitables », et ce parce que certains mois ont été marqués par des investissements particuliers (les plus attentifs me feront remarquer c’est là une vision tréso, pas une vision comptable) comme le déménagement (et l’achat du mobilier !) ou la réfection de notre parc informatique pour équiper tout le monde de Mac…
Et du coup, on est beaucoup plus patient : sur la croissance du business, sur le cycle commercial (de la vraie vente classique, qui prend 6 mois…), sur les recrutements, sur la formation, sur l’évolution et la maturation pour le moins assez lentes du marché sur nos problématiques notamment de Marketing Automation… Mais le plan est à plus long terme, donc 6 mois ce n’est pas si long que cela à notre échelle, aussi parce que l’on a du cash « des opérations » (ie : qui vient des clients, pas d’investisseurs) pour voir venir et s’acheter le temps de tester des choses.
C’est au final un peu comme des produits de placement d’épargne : certains ont des rendements sous 2 ans, d’autres à la journée, et d’autres sur le long terme. On est clairement dans ce dernier cas de figure avec cette entreprise.


Ce qui reste en revanche identique (bin oui, on ne va pas tout jeter) :

 

 

 

Consultez l'article complet sur le Guilhem Bertholet ICI 

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