Geneviève Grandbois, fondatrice et présidente actuelle de Chocolats Geneviève Grandbois

March 25, 2017

 

Geneviève Grandbois a fondé les chocolateries La maison Cakao puis Chocolats Genevieve Grandbois.

 

Est-ce que vous avez des exemples de compagnies que vous avez créées et qui ont échoué et desquelles vous avez beaucoup appris?

 

Un an et demi ou deux ans après avoir créé une première boutique de chocolats, La maison Cakao, j’ai décidé d’ouvrir une deuxième boutique sur la rue St Denis. Cela s’est avéré être un véritable échec. Les ventes étaient très faibles. J’ai donc fermé cette boutique, et peu après, j’ai décidé de vendre l’entreprise.

 

A quel moment, vous êtes-vous aperçues de cet échec? Qu'est-ce que qui vous en a fait prendre conscience?

 

J’ai décidé de fermer cette deuxième boutique moins de deux mois après son ouverture. Je me suis en effet aperçue très rapidement de l’échec de cette boutique. Les chiffres étaient particulièrement bas, sans comparaison avec ceux de la première boutique que j’avais ouverte. Cette deuxième boutique faisait environ 10% du chiffre d’affaire de la première boutique, et avait un loyer qui atteignait plus du double. Par ailleurs, j’ai rapidement pu observer que les gens ne remarquaient pas notre boutique. Or, dans le commerce au détail, la localisation est primordiale. Malgré le nombre important de piétons sur la rue St Denis, personne ne rentrait. Certaines personnes n’arrivaient pas à trouver la boutique, alors même qu’ils avaient l’adresse !

 

Selon vous, quelles sont les raisons de cet échec?

 

Il y a plusieurs raisons qui se situent à différents niveaux d’analyse:

 

  • Tout d’abord, la localisation de la boutique était tout simplement mauvaise. Les gens ne nous voyaient pas. J’avais été séduite par la beauté du local. Mais le local était reculé et situé à un endroit qui ne paraissait pas être commercial. Les passants ne s’y arrêtaient donc pas.
     

  • Par ailleurs, j’explique cet échec par le fait, qu’à l’époque, je n’écoutais pas les conseils que l’on me donnait. Je préférais suivre ce que j’avais envie de faire. Concrètement, à l’époque, j’avais déjà la chance d’avoir un mentor. Mais je ne l’ai pas écouté bien qu’il m’ait averti des risques de cette localisation.

Aujourd'hui, avec le recul, qu'auriez-vous fait différemment?

 

J’écouterais plus les conseils que l’on donne! Et je prendrais plus mon temps !

 

Qu'avez-vous décidé de faire professionnellement après cet échec?

 

La fermeture de cette deuxième boutique m’a beaucoup attristée et démotivée. Cet évènement signifiait que je devais retourner à ma chocolaterie de quartier, c’est-à-dire à ma première et unique boutique. Or, ce n’était pas ce dont j’avais envie en tant qu’entrepreneur. En tant qu’entrepreneur, j’avais envie de créer de nouveaux produits, de lancer de nouveaux concepts, et d'ouvrir de nouvelles boutiques. J’avais envie de faire grandir mon entreprise, de relever de nouveaux défis.

 

Cette fermeture a donc accéléré ma réflexion. Quelques mois après, j’en suis venue à la conclusion que je n’étais pas heureuse avec l’entreprise que j’avais créée. En effet, ma chocolaterie était tellement petite que je ne pouvais pas engager d’employés. J’étais donc obligée d’être présente tout le temps. Or, j’avais un enfant et je me sentais constamment tiraillée entre mon rôle de mère et mon rôle d’entrepreneur. De plus, je me sentais limitée dans mes projets. J’avais seulement le temps de gérer le quotidien. Je n’avais ni le temps, ni les moyens, ni l’espace pour mettre en œuvre mes nouvelles idées. J’ai donc décidé de vendre la première chocolaterie que j’avais créée.

 

Après avoir vendu cette chocolaterie, je n’envisageais pas en fonder une autre. Je pensais que je n’aimais pas cela, que cela ne me convenait fondamentalement pas. J’avais alors un autre rêve qui était de faire des films. J’ai donc scénarisé, réalisé et produit mon premier court-métrage. Je voulais essayer cette voie-là afin de savoir si elle me plaisait plus. Mais j’ai vite pris conscience que ce n’était pas non plus ce travail-là dont j’avais envie. Je me suis aperçue que je n’aimais pas gérer les aspects techniques ainsi que les grandes équipes, lors des tournages par exemple. Gérer une petite équipe me convenait beaucoup mieux.

 

 

Consultez l'article complet sur le Learning by failing ICI 


 

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