L'innovation, cela s'apprend!

March 15, 2017

 

 Il faut penser autrement pour innover. Miguel Aubouy, chercheur à Mosaic, le Pôle créativité et innovation de HEC Montréal, a développé une expertise unique sur le processus d’innovation industrielle. Il décortique pour nous sa théorie à l’occasion des Entretiens Jacques-Cartier, qui se sont tenus à Lyon du 21 au 23 novembre.

 

VOUS AVEZ ÉTABLI, AVEC LA SOCIOLOGUE CÉLINE VERCHÈRE, UN CADRE THÉORIQUE POUR ILLUSTRER LES DIFFÉRENTES ÉTAPES DE L’INNOVATION. EN QUOI CONSISTE-T-IL?


1re étape : trouver l’observation clef. Il ne faut pas regarder autour de soi de manière générale, mais trouver quoi observer. Prenons l’exemple de James Dyson, l’inventeur de l’aspirateur sans sac. Il s’aperçoit que lorsqu’il passe l’aspirateur, le sac se bouche et l’engin perd en aspiration, alors qu’il est neuf. Ce n’est pas une observation évidente, contrairement à ce qu’on pourrait croire. Mais lui l’a faite et cela nécessite une vraie curiosité. Auparavant, l’ingénieur britannique avait aussi inventé la brouette avec un ballon à la place de la roue, idéale pour ne pas s’enfoncer dans les terrains boueux, courants en Angleterre. Là aussi, il fallait y penser… S’il faut être obsédé pour innover – James Dyson cherchait un produit qui pourrait sauver son entreprise, alors en grande difficulté –, l’ouverture au monde doit cependant rester entière. Un innovateur comme Dyson a su concilier les deux attitudes, apparemment antagonistes : obsession et curiosité.

 

2e étape : former l’idée clef, c’est-à-dire trouver la solution. Quelques mois plus tard, Dyson est confronté à un problème de poussière plastique dans l’usine où il travaille. On lui signale une solution industrielle qui existe, un séparateur de particules. Instantanément, il comprend qu’il vient de trouver la solution. C’est la deuxième leçon : il faut une idée originale, bien sûr, mais elle doit aussi posséder les caractéristiques d’un lieu commun, c’est-à-dire qu’elle soit dans l’air du temps. Darwin élaborait sa théorie de l’évolution exactement à la même époque où Wallace étudiait l’origine des espèces… La plupart des inventions ont été faites simultanément, à différents endroits du monde et par des gens qui ne connaissaient pas.


3e étape : fabriquer l’objet clef, ou comment trouver l’équilibre entre identité et métamorphose? Il faut être fidèle à son idée, car c’est le concept disruptif. Mais il va falloir la transformer en objet. La différence est fondamentale entre les deux. Pour ce faire, l’idée va acquérir des caractéristiques physiques, une forme, une odeur, etc. ce qui va la métamorphoser. Autrement dit, un inventeur ne fait jamais exactement ce qu’il a imaginé au départ. Dyson a fabriqué 5 127 prototypes, en 4 ans! Son idée a beaucoup évolué pour finalement connaître le succès qu’on sait.

 

CORRESPONDANT À CHACUNE DE SES ÉTAPES, IL EXISTE CE QUE VOUS APPELEZ DES « PÔLES NÉGLIGÉS » DANS LA FORMATION DES ÉTUDIANTS. EXPLIQUEZ-NOUS…
 

 

Vous pouvez lire l'article complet sur le blogue du HEC ICI 

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