Voici les 5 mythes les plus tenaces à propos des entrepreneurs

March 12, 2017

 

On a tous une idée de ce qu’est un entrepreneur : un être mythique à mi-chemin entre un dieu et un démon ! Mais qu’en est-il réellement ?

 

Voici les 5 mythes les plus tenaces à propos des entrepreneurs 

 

 

 

 

Mythe n° 1 : les entrepreneurs aiment le risque


Il s’agit d’un des mythes les plus répandus concernant l’entrepreneuriat.

 

Soyons clairs : l’entrepreneur n’aime pas le risque. Ce n’est pas un casse-cou qui recherche les émotions fortes ! Il l’accepte comme faisant partie de la démarche et comprend qu’on peut le contrôler.

 

Il est vrai que la création d’une entreprise s’accompagne d’échecs, et nous connaissons tous des entrepreneurs qui ont vu leurs situations professionnelle, financière ou personnelle évoluer de façon dramatique.

 

Toutefois, au-delà des échecs qui sont abondamment cités, il ne faut pas perdre de vue qu’il y a plusieurs entrepreneurs qui réussissent… et ceux-là ont compris que le risque peut se contrôler.

 

Tout ça, c’est bien beau, mais comment faire ? Voici une façon pour contrôler le risque :

 

  • On commence en limitant notre investissement et en définissant à priori ce qu’on est prêt à perdre : six mois de notre temps ? 5 000 $ ? Une autre ressource ? Il est évident qu’une fois décidé ce que l’on est prêt à perdre, on peut se consacrer pleinement à son projet et avancer de manière confiante.
     

  • On avance par étape : on évalue les résultats au bout de six mois (par exemple) et si c’est concluant, on repart pour un nouveau cycle (on n’a pas tout misé d’un coup). Fonctionner par essais et apprentissages permet de limiter le risque à chaque fois.
     

  • On partage le risque avec d’autres : s’associer à d’autres personnes aide à la réussite du projet, car plusieurs têtes valent mieux qu’une et il vaut mieux une petite partie d’un « gros gâteau », que 100 % d’un petit… Il faut comprendre que l’entrepreneuriat est une activité collective et que si l’entrepreneur reste tout seul, il ne pourra arriver à rien.


Bref, l’entrepreneuriat est risqué… comme toute autre activité. Il s’agit donc pour l’entrepreneur de gérer et de contrôler ce risque.
 

 

Mythe n° 2 : Il faut une grande idée pour démarrer


Combien de fois ai-je entendu des aspirants entrepreneurs me dire : « J’aimerais bien me lancer en affaires, mais j’attends d’avoir l’idée avec un grand “I” ». Comme si le fait d’avoir une super idée était garante de succès et que c’est tout ce qu’il vous fallait pour réussir… Détrompez-vous !

 

Ce mythe est largement répandu en raison des histoires à succès qui sont largement diffusées et qui mettent l’accent sur l’idée avant tout. Toutefois, il ne faut pas oublier que l’entrepreneur à succès n’est pas né comme ça…

 

La force du temps


En effet, lorsqu’on regarde l’origine de la plupart des grandes entreprises d’aujourd’hui, on n’observe pas tant de « grandes idées ». L’aventure entrepreneuriale se développe très rarement avec une grande idée ; elle se développe avec le temps.

 

Par exemple, Sam Walton (fondateur de Wal-Mart) a démarré en 1950 en ouvrant un magasin de produits à 1 $. Il a ouvert son magasin dans l’Arkansas (un état relativement pauvre), dans une petite ville ; rien de plus banal ! Il raconte dans sa biographie : « comme toute idée géniale, elle a mis 20 ans à germer ». Il a donc fallu 20 ans d’évolution, d’expérimentation et d’intuition pour que l’idée devienne géniale !

 

Wal-Mart n’est pas du tout un cas isolé : Facebook était une blague d’étudiants (un portail de comparaison des filles du campus), U-Haul, entreprise de location de remorques lancée en 1945, a débuté avec un homme qui prêtait sa remorque à des amis, IKEA a commencé, après la guerre, comme un magasin de journaux et de poissons séchés, et l’histoire fourmille d’exemples similaires…

 

Se confronter au réel


L’entrepreneur visionnaire est un mythe : la vision est, le plus souvent, le résultat d’un processus. C’est dans les interactions avec les clients, les fournisseurs et le marché au sens large que se forge la vision, ou l’idée géniale.

Pour vous, qui aimeriez lancer votre entreprise, cela veut dire :

 

  • que vous n’avez pas besoin d’être un visionnaire ;

  • qu’une idée simple (voire banale) peut suffire, tant qu’elle répond à un besoin du marché ;

  • qu’il est primordial de mettre votre idée en œuvre le plus vite possible, en la modifiant en fonction des premières interactions avec les partenaires, bref, de la confronter à la réalité ;

  • que l’idée n’a aucune valeur sans votre capacité à la rendre réelle ; n’ayez pas peur de vous faire voler votre idée ! La capacité à rebondir de ses échecs fait partie du processus ;

  • qu’il faut faire vivre votre projet, et votre vision émergera naturellement de cette dynamique.

 


Mythe n° 3 : les entrepreneurs sont experts en prévision


La réussite des entrepreneurs serait basée sur leur capacité de prévision (qui serait un don unique que nous, pauvres mortels, ne possédons pas).

 

Sachez qu’aucune étude n’a réussi à démontrer que les entrepreneurs sont des experts en prévision. Encore mieux, les entrepreneurs à succès n’essaient même pas de prévoir où sera leur marché dans trois ans !

 

Lorsqu’on observe comment les entrepreneurs fonctionnent, on constate qu’ils ne font pas plus de prévisions que les autres, mais, fait surprenant, que leurs actions vont souvent à l’encontre d’avis d’experts ! En effet, les entrepreneurs ont tendance à ignorer délibérément les prédictions.

 

Un exemple que vous connaissez peut-être, celui de Swatch : les experts prévoyaient la disparition totale de l’industrie horlogère suisse au profit des Japonais. À la fin des années 80, celle-ci était en effet passée d’une situation de quasi-monopole en 1945 (plus de 90 % des parts de marché), à 70 % des parts de marché en 1951 (arrivée de TIMEX et de ses montres bon marché) et enfin à 5 % après l’expansion des montres à quartz en provenance du Japon en 1980.

 

Pourtant, c’est à ce moment-là qu’un dirigeant de l’industrie horlogère a compris qu’il pouvait capitaliser à la fois sur un procédé industriel permettant de produire à bas prix, et sur la notoriété que conférait le fait de fabriquer en Suisse. C’est ainsi que la marque Swatch a été lancée. Elle détient aujourd’hui 25 % du marché mondial des montres.

 

Cet exemple nous permet d’affirmer que l’entrepreneur ne prédit pas l’avenir, il transforme les marchés.

 

En voici d’autres exemples :

  • Starbucks investit sur le marché déclinant de la consommation de café et lance une nouvelle mode au niveau de la consommation de café.

  • Zara et H&M (ou Frank+Oak au Québec), dans le secteur de l’habillement, considérés comme perdus pour les Occidentaux, sont de beaux exemples de réussite.

Les entrepreneurs suivent l’adage : « La meilleure façon de prédire l’avenir, c’est de le créer soi-même. »

 

Ce que cela implique pour vous :

  • Évitez les études de marché basées sur les prédictions des « experts ».

  • Ne basez pas votre projet sur une prédiction. Vous vous enfermerez dans une logique de pari.

  • Débutez modestement avec une idée qui sera enrichie au fur et à mesure au contact de votre environnement (fournisseurs, partenaires et clients). C’est l’approche Effectuale (ou l’approche SynOpp).

 

Cette dernière implication vous invite à passer à l’action et à poser un premier geste…
 

 

Mythe n° 4 : les entrepreneurs ne sont pas comme nous


Bonne nouvelle : les chercheurs ont découvert le gène de l’entrepreneuriat !

Ce gène permet à l’entrepreneur d’agir comme un surhomme en lui permettant d’être à la fois créatif, organisateur, super vendeur et excellent orateur !

 

FAUX ! Aucune étude n’a réussi à démontrer que les entrepreneurs sont des êtres à part ni à mettre en évidence des « caractéristiques » propres aux entrepreneurs.

 

Les qualités humaines varient d’un entrepreneur à un autre. Certains entrepreneurs sont créatifs (ou non), timides (ou non), organisateurs (ou non), jeunes (ou non). Chacun possède ses propres qualités et défauts, et chaque entrepreneur est unique !

Qu’importe le sexe, le pays d’origine, l’âge ou l’expérience, tous les types de personnalités se retrouvent parmi les individus qui ont décidé d’entreprendre.

 

Malgré ce qu’on peut voir et entendre, il n’existe aucun portrait-robot de l’entrepreneur et c’est beaucoup plus à son activité qu’à sa personnalité qu’il faut s’intéresser si on veut mieux comprendre l’entrepreneuriat.

 

On a trop tendance à généraliser les parcours extraordinaires. Celui de l’entrepreneur qui réussit de façon fulgurante — un homme modeste devenu milliardaire — fait rêver. Mais un chef d’entreprise d’une PME régionale ou une travailleuse autonome créent eux aussi de la valeur, exportent, font travailler des employés ou des pigistes, etc.

 

Et pour vous, quelles sont les implications ?

 

  • Vous pouvez être un entrepreneur, mais ça ne signifie pas que vous devez le devenir (ça reste avant tout une question de choix !).

  • L’entrepreneuriat n’est pas uniquement dédié à la création de start-ups technologiques : on peut très bien entreprendre seul (travailleur autonome), au sein d’une entreprise (intrapreneur) ou dans le cadre de projets sociaux (bénévole).

 

Bref, tout individu peut être entrepreneur et l’entrepreneur n’est pas un « super héros ». Bonne nouvelle pour vous si vous voulez entreprendre !

 

C’est par votre activité et votre attitude, plus que par votre personnalité, que vous vous définirez comme entrepreneur.

 

 

Mythe n° 5 : les entrepreneurs réussissent seuls


Les biographies des entrepreneurs sont souvent écrites au singulier : Henry Ford, Bill Gates ou encore le baron Bich (eh oui, l’inventeur du célèbre stylo). Nous connaissons tous ces entrepreneurs et nous pensons, à tort, qu’ils ont réussi tout seuls.

 

Un entrepreneur peut se mettre en avant pour plusieurs raisons (pour le besoin de l’entreprise ou parce que ça lui convient), mais sachez qu’on trouve presque toujours, dans l’ombre, un ou plusieurs associés qui sont tout aussi importants dans la réussite de l’entreprise. Malheureusement, l’Histoire a le don de simplifier la réalité… On oublie facilement tout ce que Ford doit à James J. Couzens, Microsoft à Paul Allen ou BIC à Edouard Buffard.

 

L’entrepreneuriat, c’est un travail d’équipe. S’il peut éventuellement démarrer tout seul, très rapidement l’entrepreneur a besoin d’une équipe pour s’appuyer sur des compétences complémentaires aux siennes. La réussite de l’entrepreneur dépend de sa capacité à bien s’entourer. En effet, la qualité de l’équipe est supérieure à l’idée en elle-même. Une très bonne équipe fera grandir même une idée moyenne, alors que la réciproque est fausse.

 

L’entrepreneur doit aussi être capable de susciter l’enthousiasme pour son projet et de transformer concrètement cet enthousiasme par l’engagement de salariés, de clients, de fournisseurs ou de tout autre partenaire utile à ses côtés. Enfin, il doit être capable de gérer une équipe dans les moments difficiles.

 

Les entrepreneurs ne réussissent pas seuls. L’entreprise est une aventure collective

.

Et pour vous, aspirants entrepreneurs, quelles sont les implications ?

L’entrepreneuriat est un exercice social. Qui sont vos parties prenantes (partenaires, associés, clients potentiels) ?

 

Êtes-vous capable de partager votre passion et de susciter des engagements de la part de vos parties prenantes ?

 

Si vous êtes un nouvel entrepreneur, je vous encourage à vous poser ces 3 questions :


– Quel niveau de risque suis-je prêt à prendre pour tester mon idée ?

 

– Quelles étapes devrai-je franchir pendant cette période ?

 

– Avec qui pourrais-je partager le risque ?

 

 

 

Vous pouvez consulter davantage d'articles écrit par Ian-Patrick, notre directeur général, sur le Lime blogue ICI

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